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Les Etats-Unis et le Whisky, une longue et passionnante histoire

Si l’Écosse et l’Irlande sont considérées à juste titre comme les berceaux du whisky, ce sont les États-Unis qui donnent à cette eau-de-vie toute sa noblesse et la démocratisent auprès d’un large public. L’image du cow-boy sirotant un whisky dans un saloon est présente dans tous les westerns et a contribué à faire la renommée de cette boisson sur tous les continents. Si les Américains sont de grands consommateurs de whisky, il ne faut pas oublier qu’ils en produisent également sur leur sol. C’est cette production américaine qu’Oil & Whisky vous convie à découvrir.

États-Unis, terre d’adoption du whisky

 

Les États-Unis sont une terre d’immigration pour des millions d’Écossais et d’Irlandais qui ont emporté avec eux leur savoir-faire dans le domaine de la distillation. Les conditions climatiques ainsi que les ressources locales et les céréales disponibles sur place caractérisent les whiskies made in America. La ruée vers l’ouest accentue la prolifération des distilleries et l’engouement des néo-Américains pour cette boisson se fait de plus en plus pressant. L’histoire du whiskey américain ou plus communément du bourbon, commence en 1774 dans le village de Fort Harrod, aujourd’hui Harrodsburg-Kentucky. Le surplus de récolte de maïs des habitants est distillé pour fabriquer du whiskey. En 1783, Evan Williams ouvre la première distillerie commerciale à Louisville-Kentucky. Dès 1785, Thomas Jefferson, gouverneur de l’État de Virginie à l’époque, offre 15 hectares de terre pour cultiver le maïs afin de peupler l’État du Kentucky. La production du bourbon américain augmente après des moissons abondantes. Pour rendre hommage à la contribution française dans la Guerre de l’Indépendance, la boisson reçoit la dénomination « bourbon ».

La prohibition, un nouveau tremplin pour le whisky américain

Mais, au 19e siècle, des ligues antialcooliques organisent des croisades contre l’alcool et préconisent la fermeture des saloons qu’elles considèrent comme des lieux de vice où le jeu se mêle aux bagarres et souvent à la prostitution. Ces actions trouvent un écho favorable dans la société et notamment de la part de Lucy Hayes, l’épouse du président Rutherford B. Hayes. Finalement, le Volstead act est mis en place en 1920 aux États-Unis. Cette loi interdit la production, la vente et le transport de boissons dont le degré d’alcool dépasse 0,5 %. Loin de freiner ou d’anéantir la consommation d’alcool sur le territoire fédéral, la prohibition accroit la contrebande et contribue à l’émergence de gangs qui contrôlent le marché du whisky d’amont en aval. Des sommes colossales sont en jeu, entrainant une grande corruption. La mafia n’hésite pas à acheter la complicité de juges, policiers ou politiciens pour qu’ils ferment les yeux sur cet énorme trafic. Il faut noter que la qualité des whiskeys, bourbons et autre eau-de-vie se dégrade nettement du fait de l’absence de contrôle et de l’anarchie qui règne. Les gangs de New York et de Chicago sont les plus actifs, la prohibition a forgé la légende de deux protagonistes de l’histoire du whisky aux États-Unis, celui du parrain Al Capone et d’Eliot Ness, le célèbre agent du département du Trésor.

Les États-Unis après la prohibition

La prohibition prend fin officiellement en 1933. Le whisky peut désormais être produit et consommé dans tout le territoire des États-Unis. Également dénommé bourbon, il obéit à une stricte réglementation. En effet, pour bénéficier de cette appellation, il doit être élaboré à partir du maïs dont le pourcentage oscille entre 51 % et 70 %, le reste étant composé de blé, de seigle ou d’orge maltée. En outre, sa période de maturation dure deux ans et son vieillissement en barriques de chênes s’étend pendant cinq ans en moyenne. Quant au Rye Whiskey, il est fabriqué avec un minimum de 51 % de seigle. Le Kentucky dispose de réserves d’eau d’une extraordinaire pureté et peu chargées en fer. Cette caractéristique donne à ses whiskeys un caractère moelleux et doux, avec une certaine saveur florale et fruitée. Aujourd’hui, les plus importantes distilleries de cet État sont Buffalo Trace, Wild Turkey, James B. Beam et Heaven Hill. L’État du Tennessee est également réputé pour la qualité de son eau-de-vie qui a un goût légèrement sucré. Il abrite une des plus célèbres distilleries au monde, à savoir Jack Daniel’s ainsi que celle de George Dickel, moins connue. Ils utilisent le charcoal mellowing, une méthode de filtrage à travers 3 mètres de charbon de bois qui dure environ 10 jours et intervient avant la mise en fûts. Cette pratique donne un whisky plus sec avec de très légères notes de bois brûlé et de fumée.

Enfin, il est important de rappeler que les fûts de chêne utilisés sont brûlés de l’intérieur afin d’activer la maturation et apporter à la boisson une note onctueuse de caramel, de vanille, de toffee avec une couleur ambrée naturelle.